Chroniques potagères d’un échec qui dura plusieurs années.


Chers tous,

Semer à la Folie a été créé en 2014 et s’est éteint en 2016. Disons qu’il est entré en phase de repos hivernal (un très long hiver nous sommes d’accord).

Nous voici en 2020 et il était grand temps de faire une mise à jour sur les événements de ces 4 dernières années.

Semé à la Folie a relaté l’histoire d’un petit balcon sur lequel de petits légumes ont poussé avec plus ou moins de petits succès.

Puis, le petit balcon a laissé place à un beau jardin plein de promesses, un rêve qui se réalisait et un vrai potager qui se profilait.

A commencé un long travail pour le créer avec la mise en place des bordures pour diviser le terrain en carrés, l’ajout de terreau pour surélever un peu les potagers et éviter de retourner la terre, pour ne pas bouleverser le fragile équilibre du sol. Et aussi, la fixation de treillages sur le mur de la maison pour faire grimper les fèves, les pois, les haricots…

On installe les fraisiers dans un coin bien ensoleillé. On regarde les premières fraises pousser. On leur dit au revoir quand elles se font dévorer par un couple de merles. On tend un filet pour protéger les survivantes.

Dans les carrés on sème, on arrose, on bichonne, on se fait dégommer ses cultures par les escargots.

On continue en ramassant les escargots tous les soirs (ah non, pas de poison dans mon jardin) et on perd quand même beaucoup de légumes dans la bataille.

On ramasse les débris des treillages après qu’une tempête les ait fait voler en éclats et on achète des tuteurs qu’on galère à enfoncer dans le sol si dur.

On enlève les herbes, on fait des paillages, du compost, on demande aux copains de passer arroser pendant nos vacances.

On se demande pourquoi rien ne pousse comme on veut. On a sûrement semé trop tôt et les plantes ont besoin de plus de chaleur et de lumière. En même temps si on avait attendu elles seraient sûrement à la bourre et on mangerait nos premières tomates en septembre (ce qui s’est produit de toutes façons).

On se dit que finalement l’emplacement est sûrement trop ombragé à cause de cet arbre qui s’est vachement développé, il faut dire aussi qu’on ne l’a pas taillé parce qu’il est haut et qu’on est pas très équipé.

On laisse l’herbe envahir les carrés et on la regarde avec un haussement d’épaules. À quoi bon ? Il n’y a plus rien qui pousse là-dedans de toutes façons.

On s’accroche quand même encore, on essaie de planter ailleurs, on utilise notre compost, on se fait dégommer nos semis par une poule qui a réussi à voler au dessus de la barrière (sérieusement ?).

On sent que la terre est déjà fatiguée, à force de faire pousser des légumes qui souffrent. Elle a l’air pauvre, on se demande si elle a encore quelque chose à donner pour nourrir nos végétaux. En tous cas une chose est sûre, nos végétaux nourrissent parfaitement les escargots.

On décide de tenter des légumes d’hiver après l’échec des légumes d’été.

On se fait dégommer nos choux par les piérides.

On passe tous les jours enlever les œufs à la main et on réussit péniblement à sauver quelques brocolis.

On fait le bilan.

1/ J’ai passé mon temps à faire n’importe quoi par manque de connaissances et de réflexion.

2/ Toute cette énergie, cet argent, ce temps, tout ce qu’on a dépensé bêtement pour trois tomates et un bol de haricots..

3/ Si si il faut le dire, on a quand même fait pousser quelques trucs avec succès. La sauge, la bourrache, la verveine, la menthe (ouais les trucs increvables). Cette année on a aussi des poirées qui se développent étonnament bien ainsi que de la mâche et de la roquette qui ont décidé de pousser partout sauf dans les carrés.

On bave devant les magnifiques potagers que l’on croise en nous promenant dans le village, mais comment ils font ? Bon, ils ne sont pas très permaculture avec leur motoculteur et je suis sûre qu’ils utilisent plein d’engrais même pas bio, et sûrement même qu’ils ont tout désherbé avec du roundup et qu’ils ont des variétés transgéniques, peut être même qu’ils ont des parts chez Monsanto et qu’ils ont signé un pacte avec le diable en échange de ces magnifiques potagers qui font exploser ma mauvaise foi…

Mais en attendant, ils ont plein de légumes, tellement qu’ils ont le culot d’en donner à leurs voisins non sans préciser d’un air faussement étonné qu’ils ne savent plus quoi en faire tellement ça pousse dans tous les sens.

Erf. C’était plus facile sur le balcon. Il n’y avait pas d’escargots, pas de mauvaises herbes, si un emplacement n’était pas bon je déplaçais le pot. Et comme il n’y avait pas beaucoup d’espace, je ne le déplaçais jamais bien loin en plus.

Puis je pouvais toujours dire que si je galérais c’était parce que je n’avais pas de jardin, parce qu’avec un jardin c’était sûr, j’aurais un magnifique potager bio qui s’auto-gérerait, les tomates pousseraient comme du chiendent, j’aurais une foret d’aromates à se perdre dedans et une collection de cucurbitacées à tomber à la renverse.

Bon ben qu’est-ce qu’on fait ? On laisse tomber ?

Aujourd’hui, je ne sais pas trop.

Je sais que j’ai toujours cette envie, même si elle a prit du plomb dans l’aile. Je sais que j’ai jeté mon dévolu sur les plantes d’intérieur, qui ne remplissent certes pas mon estomac mais qui nourrissent mon esprit. Alors je pense que je vais les laisser me redonner cette énergie positive dont j’ai besoin pour repartir sur de bonnes bases.

En espérant qu’un jour, le potager que j’imagine puisse enfin prendre vie. Car demain est un autre jour et que les expériences du passé servent à s’améliorer, et que la seule façon d’échouer c’est d’abandonner avant d’avoir réussi.

À tous ceux qui galèrent avec leur jardin potager, vous n’êtes pas seul. On a souvent cette impression en voyant la réussite chez les autres, mais le monde du potager est loin d’être aussi simple que de choisir ses graines et faire un semis.

Alors restons connectés et aidons-nous de l’expérience des uns et des autres pour progresser et réussir à créer le jardin de nos rêves.

Fin (de cet article).

Semer à la Folie esquisse une sortie de sa dormance.


7 Comments
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    Isabelle Duménil
    Posted at 08:28h, 02 mars Répondre

    Bonjour,

    Contente de te retrouver. Bienvenue au club des jardins potagers sans légumes. Ici c’est Calvados, 7 km de Caen. J’ai le jardin depuis 2014, des limaces bien grasses et des petits oiseaux nourri aux graines l’hiver et aux fraises l’été un jour peut être quand je serai grande j’aurai un beau jardin. Ici seul le terme “mauvaise” herbe n’a pas ses entrées. quand j’aurai du temps, bientôt, j’essaierai de décrire ce que je fais pour bien rater le jardinage. Bonne journée

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      Cindy - Semer à la Folie
      Posted at 16:53h, 03 mars Répondre

      Coucou Isabelle, merci pour ton commentaire et ravie d’appartenir à ce club! Haha je me reconnais très bien dans ta description. Dommage que les salades de limaces ne soient pas aussi bonnes que les Batavia, sinon on pourrait dire que nos jardins sont très productifs 🙂

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        Isabelle Duménil
        Posted at 11:52h, 20 mars Répondre

        Les anciens nous conseillent : retourne ta terre avant Noël, après les pluies d’automne !
        On attend car l’été s’attarde et c’est bien. L’automne arrive mais pas les pluies, à moins que cette année soit une année humide, pluies d’automne et pluies d’hiver. Oh une belle journée dommage que je ne pourrais pas être là. Je fini par retourner la terre sous la pluie (pas trop et pas le même endroit chaque année). La manipulation de la fourche-bêche (elle tue moins de ver de terre que la bêche, et non un ver de terre coupé ne me fait pas deux vers de terre) est difficile dans une terre rendue collante par des mois de pluie, terre déjà naturellement lourde, J’ai froid, les crampes se manifestent dans mes pieds, je rentre transi mais quand même contente, à ce rythme là la bande potagère sera prête en été mais au moins j’aurai fait mon sport. Il pleut, il pleut et Noël vient, et Nôel passe. Le soleil arrive, 12 degrés à plein soleil alors j’y retourne. La terre est un peu plus sèche, la fourche-bêche me fait de l’œil mais je choisi la rota-griffe, elle fait le taf sans retourner la terre, elle est plus facile à manier. Cela ne ressemblera pas au belle terre travaillée à la bêche, puis au croc, puis au râteau mais je m’en moque ! Passage ensuite au composteur pour récupérer un peu de cette belle matière noire + un bol de terreau pour mes trois mètres de terre travaillée (pour une fois que j’ai un soupçon de composte et de terreau d’avance), quelques branchage et déchets divers pour recouvrir le tout, c’est pas beau ? Pas grave la vie dessous ne s’en sentira que mieux, je sais j’aurai de belles limaces au printemps alors je leur sèmerai des radis je n’aime pas les radis ! Je leur promettrai de jolis granulés bleus et elles diront “même pas cap ! “” Un jour j’aurai un hérisson, na !” d’ailleurs j’en ai déjà un dès le printemps je vois ses petites crottes sur l’herbe !
        On fait ce qu’on peut avec nos moyens, notre matériel, nos connaissances, nos capacités physiques et surtout avec nos convictions.

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    Dominique Deghaye
    Posted at 23:02h, 26 février Répondre

    Hey,
    Ne lachez rien !
    Je suis comme vous, à me battre avec mes qques mètres carrés, contre le chiendent, mon incompétence et les deceptions.
    Mais….
    – quand je vais dans mon jardin, j’observe émerveillé la beauté et vitalité de la vie, même si c’est un bébé escargot qui grignote ma salade.
    – quand je recolte, je suis fier et heureux comme si c’était mon premier enfant
    Et quand je ne récolte pas, c’est une leçon d’humilité, rafraîchissante. Et l’envie d’apprendre !

    Peut-être commencez vous trop grand ou trop parfaitement.
    Mon jardin est une prairie sauvage de 170 m2 avec qques tâches de potager en permacultures.
    Je ne cherche pas la perfection, juste le plaisir.

    Mon challenge cette année est de reussir des plants de piments végétariens.
    Vous aviez eu des poivrons en 2014 ! J’aimerai réussir comme vous, mais des piments, et votre témoignage me donne des indications (ne pas sortir trop tôt, culture en pots). Merci !
    .
    Je vous encourage à sortir de dormance !
    Doucement …

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      Cindy - Semer à la Folie
      Posted at 16:49h, 03 mars Répondre

      Bonjour Dominique, merci beaucoup pour ce témoignage ! C’est vrai que si la récompense ultime est de récolter sa production, il y a plein de petites choses que l’on rencontre sur le chemin, dont il ne faut pas oublier de profiter. Merci pour ces rappels bienveillants et pleins de bon sens !
      En plus, vous m’avez rappelé que j’ai eu des poivrons il y a quelques années. J’avais même fait hiverner mes plants en intérieur, et je me suis replongée dans mes anciens articles, ce qui m’a donné beaucoup d’idées. Je vous remercie également beaucoup pour cela !
      Bon jardinage !

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    Valerie Havard
    Posted at 17:30h, 25 février Répondre

    Moi aussi je cultive sur mon balcon, et moi aussi j’ai connu des hauts et des bas (des étés torrides et des plantes qui se déssèchent à vue d’oeil ou se font dévorer par les pucerons…) Pour garder le moral, j’ai misé un certain temps sur les valeurs sures: les tomates qui poussent toutes seules chez moi, les géraniums toujours magnifiques, tout en expérimentant un peu à côté.
    Peut-être peux-tu essayer de jardiner dans un petit coin pour (re)commencer et le jardinage en pot, c’est possible aussi dans un jardin.
    Bon courage!
    Amicalement
    Valérie

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      Cindy - Semer à la Folie
      Posted at 14:27h, 26 février Répondre

      Bonjour Valérie, merci pour ton commentaire !
      Ah comme tu as raison, la vie d’un jardinier est faite de hauts et de bas. Je suis totalement d’accord avec toi sur tous les points et effectivement je pensais remplir un gros bac pour le mettre au soleil et y planter mes tomates cette année. L’année dernière c’était vraiment la cata sous l’arbre, et déjà que je ne vis pas dans une région hyper ensoleillée, ça les a complètement freiné. Merci pour tes mots qui font chaud au coeur !

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