Choisir le bon pot pour sa plante


Grâce au pot, nous avons la formidable possibilité de faire pousser des végétaux en intérieur, sur un balcon, ou sur le rebord d’une fenêtre. Le pot permet à la plante de vivre dans le substrat de notre choix, et parfois il apporte une touche de décoration très appréciable ! Pourtant, il joue d’autres rôles très importants et c’est pourquoi son choix devrait nous demander un peu de réflexion.

Le fond troué : Indispensable ?

La plupart des pots prévus pour les fleurs ont un ou des trous de drainage. Parfois il faut les percer nous-mêmes et c’est toujours un peu frustrant d’être obligé de sortir la perceuse 🙂

Les trous de drainage servent à évacuer le surplus d’eau. Celle-ci s’écoule donc dans la coupelle normalement placée dessous, ou dans la terre si le pot est en extérieur.

L’eau ne stagne pas dans les racines de la plante, ce qui permet à celles-ci de respirer. Sans drainage, il y a un risque que les racines s’asphyxient, pourrissent, entraînant potentiellement la mort de la plante. Gloups !

Il n’est toutefois pas impossible de maintenir en excellente forme une plante qui aurait un tel pot ! Mais, il faut savoir l’arroser avec la juste quantité d’eau. Cela demande un peu d’expérience, et pour cette raison, plus on débute plus il est préférable d’opter pour des pots troués.

Parfois, utiliser des pots sans trous permet d’utiliser des contenants qui n’étaient pas prévus pour accueillir des plantes… Comme ce Fittonia dans un pot de Mont d’or que j’ai relooké avec une simple ficelle !

N’oubliez pas de mettre une couche de graviers au fond de votre pot, ainsi elle pourra accueillir un peu de surplus éventuel.

La terre-cuite : Le pot qui respire

Les pots en terre-cuites ont de nombreux avantages, à commencer par leur prix ! Ils font partie des contenants les moins chers, du moins lorsque l’on opte pour les pots simples.

Par ailleurs, cela ne se voit pas au premier regard, mais la terre-cuite est un matériau poreux. Pour cette raison, elle absorbe une partie de l’humidité et contribue à son niveau à assécher le terreau. Cela aide le système racinaire à respirer.

La terre-cuite est particulièrement adaptée aux plantes qui craignent l’excès d’arrosage : Les cactus et succulentes bien sûr, mais aussi le Peperomia, le Pilea peperomioïdes, la misère, le Senecio, le Ficus, le Hoya, le Ceropegia… Vous pouvez les utiliser sur les plantes plus demandeuses d’humidité, mais attention à les arroser suffisamment fréquemment.

Les pots en terre-cuite sont souvent plus appréciés en intérieur, car ils sont alors moins soumis aux chaleurs estivales : L’eau quitterait très vite le pot et rendrait les arrosages très fréquents. Cependant, soulignons que la terre-cuite est un meilleur isolant thermique pour les racines que le plastique.

Bon à savoir : Lorsqu’ils contiennent des plantes qui boivent beaucoup, souvent ces pots se marbrent de blanc, mélange de calcaire lié à l’eau traversant la terre-cuite et aussi de moisissures dues à l’humidité dans la poterie. Certaines personnes adorent le look vieillit que cela donne à leur pot, d’autres préfèrent sans. Pour se débarrasser de cette patine, il suffit de mettre un peu de vinaigre blanc sur un chiffon et de le passer sur le pot. Elle part toute seule… Mais reviendra!

Avant d’opter pour la terre-cuite, n’oublions pas que c’est un matériau lourd, qui peut rendre une plante difficile à déplacer selon son format. Sur un balcon, mieux vaudra privilégier des pots plus légers, et pour ça le plastique est idéal.

Le plastique, le pot léger qui garde l’humidité

Le plastique est rarement très esthétique, cependant, il a des atouts non négligeables.

De par son imperméabilité, contrairement à la terre-cuite qui absorbe l’humidité, le plastique conserve tout. Cela signifie que pour les plantes qui aiment que leur substrat reste humide (et c’est le cas de la majorité des plantes tropicales), vous avez moins de risque de voir celui-ci se dessécher trop vite, et vous faites aussi des économies d’arrosage. Bien sûr il faut en tenir compte et adapter la fréquence de ceux-ci.

Exemples de plantes qui aiment les contenants en plastique : le Calathea, l’Alocasia, le Philodendron, le Fittonia, les orchidées… Mais aussi les boutures (ci-contre des boutures de Tradescantia zebrina) et les semis !

Bien sûr il est possible de planter ces exemples de plantes dans des pots en terre-cuite, mais attention à ne pas les arroser trop souvent.

Si vous cultivez vos légumes en pots, vous pourriez bien avoir tout intérêt à opter pour des contenants en plastique. C’est un matériau léger (sur un balcon, c’est un critère important), et en période de production la plupart des légumes boivent beaucoup : Ils auront besoin de toute l’eau que vous leur apporterez. Attention toutefois à la surchauffe qui peut arriver plus rapidement dans le plastique que dans la terre-cuite.

Le cas des pots vernis

On trouve aujourd’hui de nombreux pots, souvent en terre-cuite, recouverts d’un vernis brillant. S’ils sont vernis à l’intérieur alors ces pots ont les mêmes caractéristiques que les pots en plastiques car le vernis les rend imperméables.

Certains ont une couche de vernis à l’extérieur seulement, ce qui les rend plus adaptés à certaines plantes, comme les cactus ! Ils sont plus esthétiques que les pots en terre-cuite classiques, mais aussi plus lourds (bon dans le cas de mon bébé cactus, je peux gérer !) .

Les pots en Géotextile

Aujourd’hui on trouve également des pots en textile, comme par exemple les Smart Pot, dont je possède quelques exemplaires que je vais enfin étrenner au potager cette année.

Ce sont des pots qui respirent encore plus que les pots en terre-cuite. Ils sont particulièrement adaptés aux plantes épiphytes, mais aussi à toutes celles qui apprécient la terre-cuite. Pour les légumes, même s’ils gardent moins l’humidité dans la terre que le plastique, ils en ont la légèreté et offrent d’après les fabricants de bien meilleures conditions qui favorisent un système racinaire robuste.

Choisir la taille du pot

Choisir un format de pot adapté à la raille des racines de votre plante permet une meilleure gestion de l’eau : Si le pot est trop grand, les racines ne parviendront pas à boire suffisamment rapidement et vont stagner dans un substrat mouillé, provoquant potentiellement l’apparition de pourriture des racines. Inversement, une plante trop à l’étroit aura tendance à assécher rapidement son terreau et ne pourra pas recevoir suffisamment d’eau lors de vos arrosages.

Si vous constatez qu’une plante se met à demander des arrosages plus fréquents en dehors d’une poussée de croissance, vérifiez ses racines : Si elles tournent sur elles-mêmes dans le pot, il est grand temps de lui en offrir un plus grand.

Ceci est une règle générale, et naturellement il y a des exceptions.

Les plantes carnivores, les plants de fruits et légumes gourmands (tomates, courgettes, poivrons, fraisiers, framboisiers…), les plantes arbustives comme le Ficus elastica ou les agrumes, préfèrent avoir de l’espace pour leur système racinaire. Cela est dû à leur besoin important en humidité.

Les cactus, les succulentes, les misères, le Hoya, le Peperomia, le Pothos… Préfèrent être à l’étroit. Cela vient de leur nature, ils ont une propension à pousser sur des sols rocailleux où il y a finalement peu de terre pour leurs racines, ou dans le cas du Pothos, ils sont épiphytes et trouvent de la matière organique en petite quantité, coincée entre les branches d’un arbre.

Ci-dessous, bien qu’il aime être à l’étroit mon Pothos n’est quand-même pas contre un petit rempotage !

Le cache-pot : Bonne ou mauvaise idée ?

Passons sur le fait que par une force mystérieuse mes cache-pots sont toujours soit trop petits soit trop grands pour mes plantes …

Le cache-pot est bien pratique pour masquer un pot disgracieux. Si comme moi vous conservez les pots dans lesquels vous achetez vos plantes, alors je pense que vous serez d’accord pour remarquer qu’un cache-pot est tout de même plus esthétique.

Et la plante, qu’en pense-t-elle ?

En réalité, le cache-pot est un peu dangereux pour les plantes qui n’aiment pas que leur substrat soit gorgé d’eau. Il empêche celle-ci de sortir du pot comme elle le ferait s’il était dans une simple soucoupe. De plus, vous voyez plus facilement qu’il y a trop d’eau si le pot est dans une soucoupe par rapport à un cache-pot.

Finalement, une plante dans un cache-pot revient presque à l’avoir planté dans un pot non troué ! Alors si vous optez pour celui-ci, soyez vigilant avec vos arrosages et vérifiez que la plante ne baigne pas dans l’eau.

Bon à savoir : On a tous l’habitude de voir les orchidées Phalaenopsis dans un cache-pot. En réalité, ces orchidées épiphytes synthétisent aussi la lumière par leurs racines. En les mettant dans le noir par le biais du cache-pot, on les prive de cette source d’énergie bienfaisante. Mieux vaut donc garder ses orchidées dans un pot transparent !

Faut-il systématiquement rempoter une plante que l’on vient d’acheter ?

Certains jardiniers partent du principe qu’une plante qui vient de jardinerie a besoin d’être rempotée directement, car leur pot est souvent trop petit et le substrat est souvent inadapté (en général les plantes de jardineries ont toutes plus ou moins le même substrat, indépendamment de leurs besoins).

D’autres jardiniers attendent un mois car ils estiment que le fait d’avoir déplacé la plante est déjà un choc important pour elle, et lui ajouter en plus un changement de substrat est trop brutal.

Pour ma part, souvent j’attends un peu et j’observe la plante, j’attends d’être sûre qu’elle n’est pas en état de choc lié à ses nouvelles conditions pour la rempoter. Si le pot est clairement trop petit à l’achat, je rempote dans les jours qui suivent en période de croissance (mais je patiente minimum 3 semaines en hiver).

Par contre si le pot me paraît de taille adéquate et que la plante est manifestement en bonne forme, je n’ai alors aucune raison de me presser. Certains de mes Calatheas ont passé tout l’hiver dans leur pot de jardinerie et ont été rempotés dans des pots plus spacieux tranquillement au printemps, ce qui ne les as quasiment pas perturbées.

Et vous, accordez-vous de l’importance au choix du pot pour votre plante ?

À très vite pour un nouvel article végétal !


2 Comments
  • Avatar
    Valerie
    Posted at 22:14h, 24 mars Répondre

    Merci pour cet article très complet. Pour ma part, je suis fan de la terre cuite : elle est plus écologique que le plastique et correspond au style de mon balcon. Cependant, je garde les pots en plastique qui viennent de la jardinerie. Avec un cache-pot (à surveiller, comme tu le mentiones) ils rendent de très bon services 😉
    Amicalement
    Valérie

    • Avatar
      Cindy - Semer à la Folie
      Posted at 11:32h, 26 mars Répondre

      Bonjour Valerie, merci pour ton commentaire ! Wow ton balcon doit être costaud pour que tu puisses y mettre des pots en terre-cuite, je n’auras pas pu sur le mien car entre les pots et le terreau mouillé, ça m’aurait fait super peur LoL !
      Je me demande si la terre cuite est vraiment plus écologique cependant, pour avoir cultivé dans les deux, je vois une telle différence au niveau de la consommation de l’eau, c’est du simple au double… Mais cela dépend très certainement de ta région et aussi de ta capacité à collecter l’eau de pluie. Chez moi il pleut beaucoup mais je n’avais quasiment rien pour la récolter avant d’avoir un jardin, alors en été c’était eau du robinet à chaque arrosage :/

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